
On a des traces mais pas de certitudes sur la configuration du château avant et pendant la Guerre de cent ans. Le château actuel (photo) date pour l’essentiel de la 2e moitié du 15e siècle. Il a été construit par la famille Flamenc, qui avait acquis Peyraux par mariage en 1400 et qui possédait aussi Bruzac et Puyguilhem, proches de Brantôme. Les bâtisseurs principaux furent sans doute Guillaume Flamenc, qui avait épousé Catherine de La Cropte (de la terre de Lanquais), puis leur fille Françoise qui épousa Pierre de Pompadour en 1497 et, en 2e noces en 1508, Gautier de Badefols (de Badefols d'Ans). Peyraux avait alors un aspect défensif important, visible par les ouvertures de tir (canonnières) sur les tours. On sait aussi que le château était entouré de fossés. Il devait garder cette fonction défensive jusqu'au 17e siècle.


Ce sont probablement les Badefols qui achevèrent la tour Sud-Est du château, dont les ouvertures sont "Renaissance", et le pédiluve qui la précède (photo). En 1600, la seigneurerie de Peyraux acquiert le droit de haute, moyenne et basse justice (qu'elle gardera jusqu'à la Révolution). En 1629, le jeune François de Royere, issu d'une famille du Bas-Limousin (La Jarousse près de Ségur-le-Château et Lons près de Louignac) hérite du château de son grand-père, Guy de Badefols. Querelleur, il verra son château assiégé et démantelé par les troupes du Duc d'Epernon en 1635, sur décision de justice. La tour Sud-Est, alors abandonnée, en témoigne. François se retirera à Badefols d'Ans et mourra en duel quelques années plus tard, en 1642, devant son château de Lons à Louignac (aujourd'hui en Corrèze). Jacques d'Aubusson, beau-frère de François, reprend le château, ouvrant un intermède de près d'un siècle dans son histoire.
Dominique de Royere, marquis de Peyraux et arrière petit-fils de François, quitte Badefols pour reprendre possession du château à la fin des années 1720, suite à une transaction. Tout en s'appuyant sur la vieille construction féodale, il agrandira et embellira le château pour en faire un lieu d'agrément: comblement des fossés, élargissement du corps de logis principal, reprise d'une aile des communs,... Dominique avait épousé une nièce du célèbre prélat périgourdin, Fénelon (portrait). Sans héritier mais prévoyant, il facilita le mariage de son frère avec sa belle-soeur Fénelon, ce qui permit d'assurer la continuité familiale. Son neveu, Gabriel-Jacques, officier en retraite, reprend ainsi le château en 1765 et achève les travaux d'embellissement. Peyraux connaît alors une importante activité viticole. Le peintre terrassonnais Gabriel Bouquier séjourne au château au début des années 1780, comme précepteur des enfants Royere.
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Jean-Marc de Royere (portrait), cousin de Dominique, sera un membre éminent de la famille au 18e siècle. Lui aussi arrière petit-fils de François, il est né à Badefols d'Ans puis a grandi à Moncibre (aujourd'hui sur la commune de Cublac), à quelques encablures de Peyraux. Il connaîtra une belle carrière ecclésiastique, d'abord évêque de Tréguier, puis de Castres, et sera représentant du clergé aux Etats Généraux de 1789. Il partit en émigration et mourut en 1802 à Alcobaça (Portugal). Manquant de tout, il se faisait envoyer du Périgord du tissu pour ses chemises!
En 1816 François-Dominique, le fils de Gabriel-Jacques, démarre avec Cyprien Brard la société des houillères du Lardin, à l'origine d'un nouveau chapitre pour le territoire. Mais les partages lors des successions puis, à la fin du 19e siècle, la crise du phylloxera - qui, comme dans toute la région, fera péricliter l'activité viticole- pèsent sur l'entretien du château. La situation se retourne au 20e siècle: des campagnes de restauration successives vont permettre de consolider les toitures et les nombreux murs de terrassement. Elles s'accompagnent d'une protection du château, en 1948, au titre des Monuments Historiques (étendue en 1974 aux communs). La dernière restauration en date, achevée en 2025, concerne l'aile en retour des communs. A cette occasion, le toit mansardé a retrouvé son aspect d'origine (photo). La tour Sud-Est du château, dont le couronnement doit être consolidé, fera l'objet du prochain chantier; dans l'intervalle, un cordon de protection signale le risque à proximité immédiate de la tour.
